lundi 9 mars 2009

Gestionnaire d'identités et de participations personnelles

Surnoms, avatars, noms d'usager, comptes de courriel, abonnements gratuits ou payants, participation à des forums et des blogues, participation à des jeux en ligne, profils d'usager, contributions en photos, textes, fichiers audios, etc., chaque internaute accumule de multiples identités et contribue à de nombreux sites en ajoutant ses propres informations ou fichiers.
Il y a aussi les collections ou albums personnels que l'on peut créer dans des bases de données, comme sur le site du musée McCord (avec "Mon McCord", on peut crérer autant d'albums de photos annotés que l'on veut), Bilan du siècle, AbeBooks, Ebay, Amazon, etc. C'est maintenant une pratique généralisée. Comment savoir où, quand, comment on a participé à l'ensemble de ces sites collaboratifs? En ce moment, il faut avoir une bonne mémoire ou un sens de l'ordre assez exceptionnel.

Pour les contributions personnelles sur les sites de discussion qui se présentent sous des formes multiples, on envoie notre contribution sans en conserver une copie, parfois on nous demande si on veut avoir une copie du courriel que l'on envoie. Ce n'est pas systématique du tout et où conserver ce courriel? Plus important encore, même si l'usager conservait des informations sur les lieux de sa participation, personne ne sait pendant combien de temps cela restera en ligne disponible: les sites peuvent fermer des blogues, les supprimer, des sites peuvent complètement disparaître. L'usager n'aura plus aucune archive de sa participation. On pourrait penser que la valeur de ces participations est plutôt mince: spontanée, peu structuré et profonde. Peu importe la valeur, l'usager devrait savoir où, quand et comment il a laissé des traces dans Internet.

D'ailleurs, des compagnies spécialisées proposent de retrouver toutes les traces d'un usager et de les "effacer", parce que l'usager ne sait plus et n'a aucune trace systématique de son activité. On en entend de plus en plus parler dans le cas de personnes qui deviennent "publiques" et sont prises avec leurs propos de jeunesses, frivoles, qu'ils ont laissé un peu partout dans Internet, sans même sans souvenir souvent. Phénomène pas entièrement nouveau cependant. Dans le temps des bonnes vieilles lettres sur papier, on devait garder une copie de sa lettre pour se souvenir de ce qu'on avait écrit. Tous les logiciels de courriels ont une fonction qui permet de conserver une copie des courriels qu'on envoie. Dans Internet, on "envoie" des choses, mais il ne semble pas exister une application qui archive ce qu'on envoie, à qui, et quand. Situation rendue plus difficile par le fait qu'on y participe sous de nombreuses identités.

Comment connaître et se souvenir de ces multiples identités?
Comment c0nserver une copie des textes et des fichiers envoyés?
Le web 2.0 multiplie presqu'à l'infini ces identités? Un enfant de 6 ans aujourd'hui aura accumulé combien d'identités et de participation lorsqu'il aura 20, 30, 40 ans? 20, 30, 40, 100 identités? Dans des sites scolaires, culturels, personnels, forums et blogues publics? Maintenant, chaque site fondé sur la participation des usagers gardent en mémoire les participations de chaque usager: un usager Facebook, Wikipedia, Librarything, Voir, Radio-Canada, a accès aux archives de sa participation sur ce site. Mais un membre participant à 3-4 de ce genre de site, et bien plus parfois, comment fait-il pour connaître dans une application unique l'ensemble de ses participations.
Une telle application pourrait permettre de connaître ses identités et ses participations et de les gérer en donnant des informations de base. L'usager pourrait savoir ainsi:
- nom-surnom employé, mot de passe
- informations utilisées dans le profil d'usager (on ne met toujours les mêmes informations, il y aussi plusieurs identités fictives, imaginaires, jeux de rôles, etc.)
- nombre de sites où il participe (blogues, forums, sites de réseautage, etc.)
- date d'inscription, de la première et de la dernière particitation
- copies des textes envoyés, répertoire des fichiers envoyés
- écrans de saisie de lieux de sa partipation, des ses profils personnels entre autres
Fondamental aussi, serait la possibilité de ne pas conserver de traces sur son ordinateur de certaines contributions, activités ou identités, pour toutes sortes de raisons qu'on a pas à justifier. Au moment d'une nouvelle participation, il y aurait tout simplement un message qui demande si on veut "oui/non" ajouter cette nouvelle identité/participation à notre gestionnaire d'identités et de participations individuelles.

L'usager obtiendrait ainsi un profil global de ses identités et de ses participations. Il pourrait alors:
- aller supprimer un profil inactif depuis longtemps ou auquel il ne veut plus participer;
- changer ou modifier son profil sur un site selon ses goûts, ou mettre à jour ses informations personnels;
- archiver ses identités et ses participations devenues inactives ou débranchées.
L'usager aurait l'initiative de garder des souvenirs, comme dans un album de photos où on montre ce qu'on a fait "quand j'étais jeune", là, ce sera ce qu'on a fait dans Internet quand on était petit

Qu'avez vous fait dans Internet quand vous étiez petit? Je m'en souviens plus!

Le problème général est: l'usager ne conserve pas d'information sur ce qu'il envoie dans Internet, ou d'une manière extrêmement incomplète...

Il y a peut-être des logiciels qui font ça. Ils ne semblent pas être connus. Mais "gestionnaire d'identités" dans Google renvoie plutôt ou système de gestion des identités qu'une entreprise doit avoir pour gérer les identités de ses employés, identités liés à la sécurité et la manière dont elles donnent accès à des degrés divers aux différentes applications ou informations de la compagnie.
Autre élément, c'est que les statistiques sur la participation et le nombre d'usager donnés par les sites eux-mêmes, invérifiables, sont toujours gonflés par les profils de leurs membres inactifs depuis des mois, des années. Ces sites ne suppriment jamais les usagers d'eux-mêmes, ça leur sert à gonfler leur popularité. Combien d'usagers s'ouvrent un profil seulement pour voir de quoi ça l'air et ne retourne jamais ou seulement pendant quelques jours sur un site participatif?
Un gestionnaire d'identités qui permettrait d'aller se désabonner ou de supprimer un profil inactif ou sans intérêt, pourrait dégonfler ses chiffres et donner une image plus juste de la participation dans Internet.
Et puis, combien d'usagers ont quelques profils/comptes dans un même site, uniquement parce qu'ils se souvenaient plus de leur premier surnom, de leur mot de passe, ou qu'ils ont changé d'adresse courriel. Ils ont donc créer un nouveau profil pour rien. On pourrait appeler ça un doublon d'idendité...

samedi 21 février 2009

Une nouvelle histoire des couleurs

Pourquoi pas un inventaire des couleurs mondiales par des statistiques sur les couleurs les plus fréquentes dans les cents milles milliards de pixels des fichiers images de tout format.

On pourrait ainsi créer les palettes de l'histoire de l'art, des cultures, des courants artistiques, de la pub, des lithos sur les jouets en métal!

Ça pose bien sûr la question de standardisation de la numérisation, des marges d'erreurs, etc.

Les palettes des grands peintres en fonction de leurs couleurs préférées, mesurées en relation avec la grandeur de la toile, de la résolution du fichier, etc. Il n'y a certainement pas de vert fluo dans aucune toile de Rembrant...

On pourrait tracer une sorte d'histoire de la bourse des couleurs: le brun des années 60, le jaune et rouge dans la culture populaire des années 1920-30, etc. Il y a aussi, pour l'époque de l'impression couleur, les catalogues, les échantillons de couleur, de peinture, de tissu, etc., mis en relation avec le marché international des pigments...

Ou suivre l'évolution des couleurs chez un peintre, chez Picasso, la période bleue, comme exemple qui n'a pas besoin du numérique, ou les bruns-beiges de cubistes.
On pourrait trouver des peintres aux antipodes stylistiquement, mais aux palettes de couleurs des plus semblables.

Dans ce genre d'étude généraliste, la difficulté est de trouver quelque chose qui ne soit pas évident, c'est-à-dire quelque chose qu'on ne voit spontanément sans aucun soutien technologique. Tellement de recherches "scientifiques" nous apprennent ce qu'on sait déjà et ne réussissent qu'à quantifier la chose ou le phénomène étudié.

dimanche 1 février 2009

Wikipédia et Facebook

Comment croiser ces deux grosses patentes, 2 des "Top Five" des sites les plus consultés au monde? Faire en sorte que les qualités de l'une serve à l'autre, et que les défauts-limites de l'autre ne nuise pas à la première?


1) Wikipédia:
- membres-rédacteurs participent directement autant qu'ils le veulent
- curieusement, à l'ère du web 2.0, aucun module n'est offert aux lecteurs pour donner les opinions-commentaires sur le contenu des articles: ils doivent le faire ailleurs, sur leurs blogues, leurs forums.
- un problème de fond: comment maintenir l'objectivité et l'exactitude des informations (même si Wiki est souvent -exagérément - critiqué à ce chapitre) et permettre-favoriser la liberté de parole? Il pourrait y avoir un WikiTalk dont le rôle serait de regrouper les discussions et commentaires des lecteurs sur les articles. Si Wikipedia s'engageait à développer un un réseau de modérateurs responsables de la bonne tenue minimum des débats, elle n'en sortira pas vivante! Un des principes essentielles des bibliothèques et des ouvrages de références, c'est de donner l'information aux personnes qui les cherchent, à condition qu'ils exercent leur droit de parole ailleurs que dans la bibliothèque ou Wikipedia. Tout le monde peut penser, dire ou écrire tout ce qu'il veut des livres et des articles qu'il consulte: mais il doit "sortir" de la bibliothèque ou de Wikipedia pour le faire.
Une solution pourrait être une application qui permet à tous les usagers de Wikipedia d'ouvrir une fenêtre de formulaire pour écrire son commentaire sur le contenu de l'article, MAIS son commentaire serait publié ailleurs, où il le veut: son compte Facebook, un blogue, même Twitter si cela a moins de 140 caractères... Le "Partage" se fait ailleurs, à l'extérieur de Wikipedia qui ne peut devenir un lieu débat sans être menacer dans son existence même. Une bibliothèque, ce n'est pas pas une place publique.

- le contenu de Wikipedia est présenté dans des interfaces plutôt ternes, avec la nouvelle infographie propulsée par le Ipad et les autres tablettes, Wikipedia devra rendre son contenu exportable-consultable aussi pour ses plate-formes.

2) Facebook
- millions de profils créés par des contemporains pour d'autres aussi contemporains qu'eux
- contenu subjectifs centrés sur le développement de réseau de sociabilité

Wikipédia: une rédaction et des réseaux collaborateurs uniques dans l'histoire qui écrivent sur d'autres choses qu'eux- mêmes, des textes lus par des millions de lecteurs qui viennent aussi pour lire sur d'autres sujets qu'eux-mêmes, mais dans un emballage qui ressemble à une encyclopédie traditionnelle;

Facebook: un réseau de personnes vivantes qui parlent d'elles-mêmes à d'autres facebookiens venus pour les connaître et parler d'eux à leur tour, cependant dans un interface interactif drôlement plus évolutif que Wikipédia.

Lequel des deux sites aux fréquentations multi-millionnaires représente-t-il le mieux la culture d'Internet? Parlez de soi ou d'autres choses? "Frivole" ou sérieux?
C'est en particulier sur la manière dont sont présentées les informations sur un individu (réel, historique, fictif) que les différences sont les plus manifestes.

Dans Wiki, c'est du plus conventionnel: on est dans un dictionnaire des noms propres traditionnels. Les hyperliens fonctionnent comme lorsqu'on cherche un autre mot dans un dictionnaire: cliquer, c'est plus rapide que de tourner les pages, mais ça mène au même résultat.

Dans Facebook, c'est tout autre chose. Les infos sont distribuées dans un formulaire complexe, subdivisées en plusieurs rubrique, les différents modules qu'un abonné ajoute à son profil s'intègrent à son profil principal décrit dans la base de données centrale. Surtout, les liens avec les autres usagers multiplient les informations sur l'usager: 1) on connaît ses amis, et connaître les amis de quelqu'un, c'est mieux le connaître, et connaître les amis des amis de l'ami qui connaît les amis des amis d'un son meilleur ami permet de mieux le connaître.

Dans le domaine "biographique", la fusion de Facebook et Wiki mènerait à la création d'un FaceWiki ou d'un WikiFace où les informations encyclopédique sur les personnes, historiques ou fictives, seraient présentées dans l'interface des profils individuels de Facebook, dévelopée par une équipe de collaborateurs. Les réseaux de socialité que permettent de construire Facebook ne seraient donc plus réservés aux jeunes contemporains, mais étendus aux personnages historiques et fictifs. Dans ce domaine, Facebook offre une application beaucoup plus souple et sophistiquée que Wikipédia pour situer un personnage dans un et des réseaux sociaux. Écrire un article dans Wiki exige un apprentissage, une certaine pratique. On pourrait créer des profils mixtes pour profiter des qualités des deux sites.

Pour voir ce que ça pourrait donner, l'imaginer pour un groupe limité. Un exemple serait de transposer le Dictionnaire biographique du Canada dans le modèle de Facebook. Les articles du DBC sont encyclopédiques, rigoureux et font autorité. Un DBCbook offrirait exactement la même qualité d'infos mais affichées différemment, avec l'article intégral complet toujours disponible. Il s'agirait de prévoir des espaces de rédaction où les lecteurs pourraient ajouter des infos (sans modifier celles du DBC), donner leurs commentaires, etc. Mais ils pourraient y avoir une application où ils peuvent ajouter des liens vers d'autres "amis" pour un profil déterminé, des liens vers Internet...
L'optique est de penser de moyens technologiques pour transférer des connaissances présentées sous forme traditionnelle (le DBC) vers les modes de publication du web 2.0 sans altérer la qualité de l'information.